GLOBAL AFRICA

PRÉSENTATION

Global Africa, de quoi s'agit-il ?

Le programme Global Africa a pour ambition de contribuer à l’expression, à la diffusion et au renforcement des recherches en sciences humaines et sociales sur le continent africain. Au cœur de ce projet : la création et la pérennisation d’une nouvelle revue, internationale, pluridisciplinaire et multilingue, Global Africa. Le programme associe à cette publication des actions de soutien et d’accompagnement de la production scientifique, et de dynamisation du champ de l’édition scientifique sur le continent.

Pourquoi un tel projet ?

Global Africa s’inscrit dans un contexte où le continent africain compte 12 % de la population mondiale mais contribue pour moins de 1 % aux publications scientifiques. Aujourd’hui, si l’élite des chercheurs africains publie dans des revues internationales, la très grande majorité reste tributaire de contextes nationaux marqués par des revues locales et des presses universitaires souvent peu attractives. La crise de l’enseignement supérieur en Afrique a en effet laissé la communauté universitaire sans moyen d’édition viable ni de capacité de produire, de promouvoir et de diffuser les résultats de ses chercheur·e·s au niveau continental et international, une condition indispensable pour porter les voix africaines dans les débats mondiaux.

Dans la plupart des pays, les arbitrages entre la recherche, l’enseignement et les activités de consultance se font au détriment de la première. Il en résulte des défaillances multiples et cumulatives : des pans entiers des transformations politiques, socio-économiques, culturelles et environnementales en cours demeurent inintelligibles, faute d’être pensés depuis le continent. Les enseignements se renouvellent peu, faute de recherche. Les politiques publiques ne s’appuient pas suffisamment sur des données fiables, avec pour conséquences que le continent se donne à comprendre principalement à travers le monde extérieur et que plus globalement, ses voix restent largement “inaudibles” dans les débats internationaux.

Il faut ajouter à ce tableau une recherche disciplinairement cloisonnée, produite essentiellement en anglais ou en français, et très fortement masculine. Autant de motifs qui posent avec acuité la problématique de sa légitimité sociale et de son défaut d’intégration à la société, c’est-à-dire sa capacité d’identifier et de prendre à bras le corps les besoins essentiels des sociétés et des institutions.

Le programme Global Africa est construit pour répondre simultanément à ces défis identifiés. Il s’agit en effet de susciter une recherche indépendante et rigoureuse, capable d'alimenter une édition de qualité, dans les langues majeures du continent. Fortement adossé et porté par la revue du même nom, Global Africa soutient les jeunes chercheur·e·s à travers le mentorat, des écoles de méthode, l’appui à la publication, et leur présence dans les scènes intellectuelles majeures, notamment les colloques internationaux. Il se donne par ailleurs pour objectif d’améliorer l'écosystème de l’édition scientifique continentale à travers, notamment, une amélioration qualitative des capacités de publication des presses universitaires et une professionnalisation de l’édition scientifique.

Quelle est la ligne éditoriale de la revue Global Africa ?


La revue Global Africa accueille des réflexions sur les enjeux globaux et leurs défis saisis à partir de l’Afrique et de ses diasporas, dans le cadre de la 4ème révolution industrielle : ceci afin de penser de manière critique le continent et ses trajectoires sociales, politiques, culturelles, économiques, scientifiques et en s’appuyant sur une politique d’ouverture :

  • vers des auteurs de toutes origines disciplinaires comme intellectuelles ;

  • vers des thématiques et des champs de recherche dont les paradigmes seront repensés (car, par exemple, à l’interface de disciplines et ou de préoccupations politiques, scientifiques et citoyennes) ;

  • vers les utilisateurs des connaissances publiées (acteurs des sociétés civiles, décideurs, secteur privé...) ;

  • et, enfin, vers les langues africaines mobilisées comme langue de recherche et de travail.

Ainsi, Global Africa s’ouvrira à des contributions originales et critiques sur les problématiques inscrites dans les agendas internationaux (sécurité humaine, migrations, santé, éducation, environnement, ressources naturelles, démographie, genre, inégalités, urbanisation, démocratie, changement climatique, gestion des ressources naturelles, etc.), et des réflexions sur les rationalités, les valeurs et les pratiques mises en œuvre dans les “trajectoires de développement” du continent. Mieux encore, les enjeux éthiques, politiques et économiques liés à la 4ème révolution industrielle, qu’il s’agisse d’intelligence artificielle, de big data, de trans-post-humanisme, de nanotechnologies, de biopolitique, de gouvernance mondiale, etc., seront explorés à partir du continent. Global Africa encourage les approches comparatives transcontinentales, pour que, depuis l’Afrique, les regards des chercheurs permettent d’en penser la place dans le monde, dans la mondialisation – son histoire et ses trajectoires à venir confondues.

Global Africa est portée par le Laboratoire d’Analyse des Sociétés et Pouvoirs / Afrique – Diasporas (LASPAD) de l’Université Gaston Berger de Saint Louis, au Sénégal avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en France, le Laboratoire d'Etudes et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local (LASDEL) au Niger et l’Université internationale de Rabat (UIR) au Maroc.

Global Africa publie des textes originaux et/ou traduits en français, arabe, anglais et swahili.

Disponible en ligne en open access, et en format papier en impression à la demande, Global Africa publie quatre fois par an un numéro thématique, incluant des textes hors dossier (varias). Son comité de rédaction est situé au LASPAD.

Comment sera-t-elle diffusée ?

La revue Global Africa sera en accès libre dès parution, sans frais pour le lecteur et sans APC pour les auteurs, selon le modèle dit “open access diamant” (diamond open access). La revue est principalement électronique, avec des articles aux formats XML et PDF. Les numéros papier de la revue pourront être commandés à l’unité (impression à la demande) ou sur abonnement annuel. La revue sera diffusée en ligne sur le site propre Global Africa et sur la plateforme African Journals OnLine. Elle sera par ailleurs proposée aux principales bases d’indexation internationales (Directory of Open Journals, Scopus...).

Quels seront les sujets des premiers numéros ?

Les premiers numéros de Global Africa aborderont les principales questions épistémologiques, conceptuelles, méthodologiques et politiques qui permettent de (re)penser l'Afrique dans le monde. Les numéros inauguraux proposeront une analyse critique de la notion de « Global Africa » en tant que boussole pour élucider l’épaisseur de la globalisation entendue comme projet, comme processus et comme champ de discours et de luttes. Il s’agira de se demander en quoi et comment l’Afrique et ses diasporas peuvent repenser les assises d’une science sociale critique de la globalisation. Celle-ci serait à la fois

«mondiale » dans sa capacité à décrire, à comparer et à interpréter la très grande diversité de relations et de configurations, apte à décrypter finement les articulations entre enjeux globaux, dynamiques locales et expériences individuelles, et «pragmatique » dans son attention à faire œuvre théorique tout autant qu’à produire des réponses pratiques aux défis planétaires et aux changements vertigineux que connaît l’humanité.

Quel sera le contenu du programme de renforcement de la recherche africaine ?

La stratégie de renforcement de la recherche africaine de Global Africa repose sur une idée maîtresse : un projet structuré autour d’une revue requiert la création d’une communauté de pratiques et d’expertises et il permet, dans le même temps, de stimuler la capacité de production de connaissances et de publication en accueillant dans la revue des textes issus de cette communauté, formant ainsi un cercle vertueux.

Accompagnement des jeunes chercheur·e·s, formation et appui au partage des connaissances constituent les leviers de Global Africa pour mettre en œuvre cette stratégie. Ainsi sera mise en place une offre de formations certifiantes en ligne sur l’édition, la publication et l’écriture scientifiques ainsi que des MOOCS sur les méthodes et techniques des sciences sociales. Chaque année se tiendra aussi une école de jeunes chercheur·e·s, valorisée par un numéro spécial de la revue, alliant réalisation de terrains expérimentaux, analyses collectives de données, ateliers de méthode, aide à la publication. Enfin, cette stratégie bénéficiera d’un effort de diffusion et de partage des connaissances avec l’organisation d’un colloque international de lancement, à l’occasion de la publication de deux premiers de numéros de la revue. Par la suite, des panels seront organisés autour de l'écosystème de la recherche et de l’édition en Afrique dans le cadre de colloques ou d’événements majeurs réunissant la communauté scientifique internationale sur des thématiques et des approches promues par la revue.

Quand commencera Global Africa ?

Le démarrage effectif des activités du programme est prévu en mars 2021 avec le recrutement complet des équipes et la mise en œuvre de la phase de lancement des activités. Deux rendez- vous sont d’ores et déjà fixés pour les inscriptions à la première école de jeunes chercheur·e·s et aux premières formations en ligne en septembre prochain, et pour le colloque international de lancement de la revue et la parution des deux premiers numéros en décembre prochain.

Et ensuite ?

Ensuite, le rythme des activités repose sur une intensification progressive. En effet, les 2 premières années vont voir la parution de 2 numéros par an, tandis que pour les suivantes, la fréquence normale de 4 numéros annuels sera atteinte. Il en est de même pour les modules de formation en ligne dispensées en français, anglais et arabe. 5 premiers modules seront mis sur pied dès la première année de formation, puis le catalogue de l’offre s'étoffera d’année en année pour finalement atteindre la quatrième année près d’une quinzaine de formations et de MOOCS dans l’édition scientifique. Quant aux écoles itinérantes des jeunes chercheur·e·s, elles sont annuelles mais il est prévu une série d’actions de mentoring et de suivi entre chaque session, permettant notamment de constituer et d'accroître une communauté de chercheur·e·s africain·e·s engagé·e·s dans le développement de la recherche scientifique du continent.

Quels en sont les partenaires ?

L’ambition de Global Africa est de rayonner sur l’ensemble du continent africain par une organisation fédératrice. Le programme a été co-construit par 4 institutions (le LASPAD de l’UGB, l’IRD, l’UIR et le LASDEL) qui le co-piloteront collégialement dans le cadre d’un consortium auquel s’associent 9 autres structures partenaires :

L’African Studies Association for Africa (ASAA), Ghana ; Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), Sénégal ; Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), France ; Université de la Manouba (ULM), Tunisie ; Les Afriques dans le Monde (LAM), France ; Institut des Mondes africains (IMAF), France ; The Conversation, France ; Université Virtuelle du Sénégal (UVS), Sénégal ; Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF), Afrique de l’Ouest.

 

Le projet tire ainsi sa forte cohérence et son originalité de son ancrage fort, diversifié et complémentaire au niveau des expertises mobilisées, avec un portage universitaire (UGB), des laboratoires de références en sciences sociales en Afrique (LASPAD, LASDEL), appuyés par les deux principaux laboratoires français de recherche sur l’Afrique (le LAM et l’IMAF) et une institution spécialisée dans la recherche en statistique, l’INSEE. Il implique également les deux principales organisations panafricaines de recherche d’Afrique, le CODESRIA et l’ASAA. Au-delà de cette dynamique de recherche, le programme bénéficiera d’une expertise en matière d’édition scientifique (IRD et CODESRIA), de formation (UGB, UIR), de traduction (ULM, UGB) et de vulgarisation scientifique (The Conversation, RJSAF).

Comment est-il financé ?

Le programme est financé à hauteur de 2,65 millions d’euros sur quatre ans. Le principal soutien financier (1.5 million d’euros) provient de l’Agence française de développement (56 %). Les membres du consortium contribuent directement au financement du programme à hauteur de 24 %. Le reste du financement repose sur les recettes essentiellement générées par les formations certifiantes en ligne et une stratégie de fundraising, le modèle ayant été conçu de façon à pérenniser le dispositif au-delà des 4 premières années de fonctionnement. Les actions de renforcement de la recherche ont en effet vocation à se poursuivre. La contribution des 9 autres partenaires, la montée en puissance et la stratégie d’ouverture progressive du programme à d’autres partenaires viennent renforcer le plan de pérennisation.

COMITÉ DE RÉDACTION

8. MACHIKOU Nadine, Science politique, Univ. Yaoundé

9. LOUVEAU Fréderique, Anthropologie, UGB

CONSEIL SCIENTIFIQUE

1. Akosua Ampofo (Président), Gender studies, African Studies Association for Africa 

2. TIYEMBE ZELEZA Paul, Économie, USIU

3. DIAGNE Souleymane Bachir, Philosophie, Columbia Univ.

4. DIOUF Mamadou, Histoire, Columbia Univ.

5. LYNCH Cecilia, Science politique, UCI

6. RODARY Estienne, Géographie et Science politique, IRD

7. MONGA Célestin, Économie, World Bank/Harvard

8. BOUCHRA Sidi HidaSciences Sociales et gouvernance, CODESRIA

9. PEYCAM Philippe, Histoire, IIAS Institute for Asian Studies

10. THIOUB Ibrahima, Histoire, Université Cheikh Anta DIOP

11. SADIQI Fatima, Linguistique et études de genre, Université de Fez

12. ROUBAUD François, Économie, IRD

13. SARR Felwine, Économie, Duke university

14. OUMA Steffan, Géographie, Bayreuth univ.

15. SOW Fatou, Gender studies, CNRS/UCAD

16. NDIAYE Pap, Histoire, SciencePo/Muse Immig.

17. FOUED Laroussi, Linguistique, Univ. de Rouen

18. JOUIROU Zahia, Études islamiques et religions comparées, Univ. de la Manouba

19. KANE Ibrahima, Sciences sociales des religions, OSF/UA

20. DIOUF Abdou Aziz, Droit, Université Cheikh Anta DIOP

21. MIGNOLO Walter, Anthropologie, Duke university

22. SAMSON Fabienne, Anthropologie, IRD/IMAF

23. DARBON Dominique, Science politique, LAM

24. NGOM Mbissane, Droit, Université Gaston Berger

25. HARRAK Fatima, Histoire, Université Mohamed V

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